Réponse à la chronique de Yves de Kerdrel dans Le Figaro du mardi 11 aôut 2009 : la taxation des transactions financières, le salaire maximum et la valeur des symboles.

Publié le par Clipperton

Je réponds à la chronique de Yves de Kerdrel parue dans Le Figaro du mardi 11 aôut 2009 ce qui me permet d'aborder trois thèmes : la taxation des transactions financières, le salaire maximum et la valeur des symboles.

 

Tout d'abord, M. De Kerdrel écrit : « Si le monde était juste cela se saurait » : si nous faisons de la politique c'est justement pour se rapprocher tous les jours davantage d'un monde juste et équitable !

 

Ensuite il nous dit que les français exècrent la finance : Ce n'est pas la finance qui est critiquée mais ses dérapages quand elle se déconnecte de l'économie réelle ! Heureusement que la finance existe pour permettre par exemple à Airbus de se prémunir contre les variations de l'Euro par rapport au dollar.

 

Mais la finance n'est utile à l'économie que lorsqu'elle a une vision à long terme, ce qui n'est plus le cas lorsqu'un seul trader achète l'équivalent de la production journalière de l'Arabie Saoudite !

 

D'ailleurs, dans l'article situé en dessous de votre chronique, Gonzague de Blignères (Président de la Barclay private Equity) explique bien la différence entre la spéculation et l'investissement en capital.

 

Il faut donc taxer les marchés financiers suivant la durée de la transaction: très fortement pour un investissement de quelques secondes, et très peu pour un investissement de plusieurs mois.

 

Concernant la rémunération des traders : Non, il n'est pas normal qu'un trader ou un dirigeant d'entreprise (c'est valable aussi pour les sportifs), aussi brillant soit-il gagne des millions d'euros par an ! Je pense donc que l'on devrait tendre vers un salaire maximum.

 

Cela pourrait dans un premier temps se matérialiser par la suppression de la déduction des salaires supérieurs à 500 000 € de l'impôt sur les sociétés.

 

Vous écrivez également que « la question des bonus » n'a rien à voir avec la crise financière : une rémunération basée sur les profits à court-terme ne peut pas être bénéfique pour l'économie ! Et même en supposant que vous avez raison, il ne faut négliger la valeur des symboles : comment voulez que notre société vive en harmonie lorsqu'un trader, qui rappelons le prend des risques avec l'argent des autres, gagne en une année ce que d'autres gagneraient en travaillant cent ans !.

 

Cette question rejoint celle du bouclier fiscal : si sa suppression n'aurait que peu de conséquences concrètes, le symbole, lui, serait fort !

 

Enfin, et je vous rejoins, vous écrivez qu 'il « serait temps que les pouvoirs publics comprennent que l'économie est globale.

 

Par contre je pense diverger sur les conséquences à en tirer : vous semblez être pour un statu quo alors que je pense que la France doit peser de tout son poids au G20, en menaçant par exemple de ne pas y participer s'il n'y a pas d'avancées concrètes concernant la moralisation de la finance.

Publié dans Politique et Société

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gilles 29/08/2009 17:19

 je dois avouer que les propos de mr de kerkel..quand il parle des francais sont hallucinants: il ne les connait pas  habite dans un chateau  immense du 17e siecle sur plusieurs  hectares.....c est surement un vieux copain a louis 14  !! triste sir