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Il existe, à Notre Dame Des Landes, à 20 kilomètres au Nord de Nantes, un projet d'aéroport afin de remplacer l'actuel, Nantes Atlantique. Il faut savoir que ce projet est vieux de 30 ans et devait permettre à l'origine d'accueillir le Concorde.
Je vais tenter de vous présenter les tenants et aboutissants de ce projet en sachant que j'y suis personnellement opposé.
Concernant les positions des politiques locaux, le PS et l'UMP y sont favorables, les Verts s'y opposent, le MoDem 44 demande un moratoire. Dernièrement, Joël Batteux, maire PS de Saint Nazaire et qui fut un des porteurs du projet, a émis des réserves sur le projet compte tenu du contexte économique. Les opposants se sont regroupés dans le collectif ACIPA et un collectif de 300 élus qui doutent de la pertinence du projet vient de se monter..
Les 3 arguments principaux pour justifier ce nouvel aéroport sont :
L'aéroport actuel arrivera bientôt à saturation, notamment à cause d'une piste unique.
Le survol de Nantes engendre des nuisances sonores et présente un danger potentiel important.
Un nouvel aéroport, qui aurait vocation à devenir un hub international, permettrait à court terme de créer de nombreux emplois et à long terme de favoriser le développement économique de la région.
Il existe pourtant une alternative : la réorientation de la piste afin d'éviter le survol de Nantes et du lac de Grand Lieu, et l'utilisation de nouvelles procédures de décollage et d'atterrissage pour limiter les nuisances sonores.
Concernant l'éventuelle saturation de Nantes Atlantique il faut savoir que :
- Si le nombre de passagers augmente (actuellement 2,8millions) le nombre d'aéronefs évolue peu.
- Avec une seule piste, Genève reçoit 10M de passagers par an.
Ce nouvel aéroport entrainera la disparition de 1000 à 2000 hectares d'exploitations agricoles ce qui ne semble pas compatible avec une société durable. (Si on détruit des exploitations en Loire Atlantique il faudra les recréer ailleurs..)
A noter également que Nantes Atlantique devrait rester en fonctionnement pour l'usine Airbus implantée à proximité ! (Cette information, vraie au moment de
l'écriture de ce texte, en aout 2009, vient d'être remise en question par Jean Marc Ayrault)
L'estimation officielle (qui semble largement sous évaluée si on la compare à d'autres aéroports équivalents) du coût de cette infrastructure est de 500 Millions d' Euros sans compter les travaux de raccord aux infrastructures routières et ferroviaires ! La réorientation de la piste couterait, elle, 150 millions d'euros ! Nous saurons en octobre la somme que demanderont les candidats à l'exploitation aux collectivités locales et à l'État qui se sont engagés à en financer une partie.
Enfin, afin d'assurer le développement économique de la région, il semblerait préférable de réaliser une Ligne à grande vitesse sur l'ensemble du trajet Nantes Paris afin de mettre Nantes à 1h30 de la capitale. (Rennes l'a d'ailleurs bien compris..elle qui sera bientôt à 1h27 de Paris).
Mettez vous dans la peau d'un futur chef d'entreprise qui hésite entre s'implanter à Nantes ou à Rennes.. Vous irez là où il y a un super aéroport mais où il faut 2h10 pour se rendre à Paris ou là où il y a un aéroport plus modeste mais où la capitale économique n'est qu'à 1h30 ?? (Profitons en pour rappeler que c'est le temps qu'il faut pour relier Nantes et Rennes, faute d'infrastructures ferroviaires adéquates !!)
Il faut également savoir qu' Air France prévoit d'affréter des trains afin de remplacer les vols intérieurs, qui sont fortement concurrencés par le TGV. Et c'est à ce moment là que nos décideurs locaux décident de construire un nouvel aéroport alors qu'un grand nombre des vols au départ de Nantes Atlantique sont à destination d'une ville française !
Si nos élus veulent une politique de grands travaux, il y a de nombreux logements dans le déartement qui ne demandent qu'à être rénovés et mis aux normes HQE !
Pour finir, je tiens à mettre en avant le travail effectué par le MoDem 44 qui a auditionné des pro et des anti NNDL et qui a étudié des projets alternatifs. Au terme de ce travail, le conseil départemental a voté majoritairement pour un moratoire.
Il semble que de nombreux élus n'ont pas fait ce travail d'approfondissement du dossier ce qui leur aurait permis de se positionner en toute connaissance de cause et ont préféré suivre l'avis de leur famille politique !
En conclusion ce projet devrait faire l'objet d'un moratoire, en étudiant sérieusement les alternatives (notamment celles de Solidarité Ecologie et de ESG infra) afin de s'engager si durablement financièrement et écologiquement dans un projet qui est, rappelons le, contraire aux conclusions du Grenelle de l'environnement !
Je réponds à la chronique de Yves de Kerdrel parue dans Le Figaro du mardi 11 aôut 2009 ce qui me permet d'aborder trois thèmes : la taxation des transactions financières, le salaire maximum et la valeur des symboles.
Tout d'abord, M. De Kerdrel écrit : « Si le monde était juste cela se saurait » : si nous faisons de la politique c'est justement pour se rapprocher tous les jours davantage d'un monde juste et équitable !
Ensuite il nous dit que les français exècrent la finance : Ce n'est pas la finance qui est critiquée mais ses dérapages quand elle se déconnecte de l'économie réelle ! Heureusement que la finance existe pour permettre par exemple à Airbus de se prémunir contre les variations de l'Euro par rapport au dollar.
Mais la finance n'est utile à l'économie que lorsqu'elle a une vision à long terme, ce qui n'est plus le cas lorsqu'un seul trader achète l'équivalent de la production journalière de l'Arabie Saoudite !
D'ailleurs, dans l'article situé en dessous de votre chronique, Gonzague de Blignères (Président de la Barclay private Equity) explique bien la différence entre la spéculation et l'investissement en capital.
Il faut donc taxer les marchés financiers suivant la durée de la transaction: très fortement pour un investissement de quelques secondes, et très peu pour un investissement de plusieurs mois.
Concernant la rémunération des traders : Non, il n'est pas normal qu'un trader ou un dirigeant d'entreprise (c'est valable aussi pour les sportifs), aussi brillant soit-il gagne des millions d'euros par an ! Je pense donc que l'on devrait tendre vers un salaire maximum.
Cela pourrait dans un premier temps se matérialiser par la suppression de la déduction des salaires supérieurs à 500 000 € de l'impôt sur les sociétés.
Vous écrivez également que « la question des bonus » n'a rien à voir avec la crise financière : une rémunération basée sur les profits à court-terme ne peut pas être bénéfique pour l'économie ! Et même en supposant que vous avez raison, il ne faut négliger la valeur des symboles : comment voulez que notre société vive en harmonie lorsqu'un trader, qui rappelons le prend des risques avec l'argent des autres, gagne en une année ce que d'autres gagneraient en travaillant cent ans !.
Cette question rejoint celle du bouclier fiscal : si sa suppression n'aurait que peu de conséquences concrètes, le symbole, lui, serait fort !
Enfin, et je vous rejoins, vous écrivez qu 'il « serait temps que les pouvoirs publics comprennent que l'économie est globale.
Par contre je pense diverger sur les conséquences à en tirer : vous semblez être pour un statu quo alors que je pense que la France doit peser de tout son poids au G20, en menaçant par exemple de ne pas y participer s'il n'y a pas d'avancées concrètes concernant la moralisation de la finance.