Voyage-Mission au pérou

L’été 2006, j’ai travaillé comme aide-soignant de nuit afin de me financer un grand voyage l’été suivant. Mais je débordais alors de projets : voyage en Europe, en Amérique du Sud ou en Australie. En octobre, au congrès Solidarité et Santé Publique, j’ai rencontré le professeur Deloche, Président de la Chaine de l’Espoir qui nous a dit pouvoir nous trouver un stage de 2 mois dans un hôpital du Congo. Mais même après l’avoir relancé lors d’un conférence à Nantes je n’ai jamais eu de nouvelles. Mais heureusement, Fanny est arrivé et m’a proposé un voyage au Pérou, au mois de Juin (ce qui me permettait de travailler l’été pour financer le voyage de l’année d’après). Il s’agissait d’un voyage humanitaire itinérant avec un dentiste franco-péruvien, avec la possibilité de prendre quelques jours pour visiter.. Exactement ce que je recherchais. Le dentiste s’appelle Roberto, et est un personnage assez spécial et un peu brouillon mais je me suis dit « au pire je partirais tout seul avec mon sac sur le dos.. »

 

On est le 23 mai, je viens de finir mes examens.. demain je prend l’avion avec Géraldine, étudiante en deuxième année de médecine, à paris..

 

Je n’ai pas trop envie de m’étendre sur le sujet, mais avec un concours de circonstance et un peu d’inconscience de notre part on s’est retrouvé à louper notre avion.. Et là on était content d’avoir mon papa pour nous avancer de quoi payer deux autres billets d’avion.. J’avais besoin de partir et il était hors de question d’y renoncer.

 

On est donc maitenant le 25 mai, et à 11h10, l’avion décolle pour Miami puis pour Lima. On a eu le droit à « A la recherche du bonheur » et à « Miss Potter ».

A Miami on a fait un expérience : ne rien faire pendant huit heures.. imaginez que vous vous levez à 10h le matine t que vous ne faîtes absolument rien jusqu’à 18h.. Il ne vous reste alors qu’à penser.. mais une telle expérience aurait été plus utile au retour..

 

A 4h20 le 26 mai on arrive à Lima. A l’origine, si on était arrivé la veille comme prévu on devait retrouver Emilie et Nadège, deux jeunes infirmières pour prendre un vol pour Cuzco. Mais là, plus de place sur le vol pour Cuzco donc on se retrouve obligé de prendre un car pour se rendre à Cuzco.

En attendant on est allé se balader, une bonne dizaine de minutes, à Lima, à Miraflorès, le quartier culturel. Un brume épaisse s’étant sur l’océan pacifique qui se trouve en contrebas de la ville.

On était assis devant dans le car ce qui nous offre une vue panoramique. Mais le chauffeur se prend pour Schumacher, ils double dans les virages sans aucune visibilité. Il a même doublé en se mettant sur le bas côté à gauche !! Première interrogations, ces petits maisons le long du pacifique sont-elles des cabanes de plage. Au petit matin les paysages sont magnifiques comme cette vallée baignée par les nuages.

 

Le 27 mai à 10h on arrive enfin à Cuzco, les vacances vont enfin pouvoir commencer. Les filles étaient parties à la journée visiter la vallée sacrée mais nous avaient laisser les coordonnées de leur hôtel : l’Hostel Familiar, qui possèdent des chambres donnant sur des cours intérieures.. Pour le côté pratique une nuit en chambre double coûte 30 soles soit 7,5 euros. Après avoir déposé nos affaires c’est parti pour une ballade dans cuzco avec sa superbe plaza de Armas, sa cathédrale, ses églises, …

 

On se risque à aller manger dans un petit resto..et comme on est des trompe la mort ce sera des crudités..

Cuzco est à 3300 m d’altitude, résultat la moindre promenade me fatigue et j’ai eu un petit mal d’altitude.

 

On repart pour une ballade : on passe devant une église dont le parvis était occupé par d’étranges cages en bambou.. on comprendra bientôt leur utilité.. Puis sur la place de San Francisco on a assisté à un étrange spectacle : une première figurine à taille humaine représentant un homme et un enfant portée par des hommes, et une deuxième représentant une femme avec un bébé. Devant chacune figurine, des enfants portaient une grande table. Deux fanfares et des militaires viennent compléter le tableau.. On a d’abord cru que c’était un mariage mais à priori c’était pour fêter des saints. Et les grandes cages ?? des pétards étaient fixés dessus..

 

Le soir on va dans une agence de voyage qui nous propose d’aller à Machu Pichu le mardi pour 150$. Puis on se rend dans un pub près de la cathédrale pour retrouver Julio, un américain qu’on rencontré les filles et qui est un lobbyiste pour les handicapés mentaux. Puis on est aller manger dans un petit resto.. Pour 10 soles : Palta Vinegreta, Lomo Saltado Banana con chocolate, Pisco et un mate de coca..

 

Le 28 mai, lever à 9h.. On décode de se rendre à Pisac (site archéologique Inca par nos propres moyens.. Mais comme on n’est pas doué on a pris un bus qui nous a d’abord emmené à Urubamba puis un second qui nous a conduit à Pisac.. alors que pour le retour on a réussi à rentrer directement…mais dans un car bondé.. Mais aucun regret à avoir car le spectacle qui nous a été offert à travers les vitres du car était fantastique.. A notre arrivée à Pisac, on a entamé la montée du site directement sans manger.. petite erreur.. Mais de là haut, la vue sur l’Urubamba est extraordinaire. On arrive d’abord à un petit groupe de ruines qui devaient être des postes de surveillance, avant d’arriver sur le site proprement dit.. où l’on a pu voir notre premier temple du soleil.. La montée était éprouvante alors on décide de redescendre en taxi.. Petit tout au marché très coloré de Pisac puis retour vers Cuzco. (on a failli percuter des ânes).

 

A 21h, on est allé au Cross Keys Pub, recommandé par mon guide et fondé par un britannique. Les murs sont recouverts de t-shirts et de maillots de foot. On aura le droit à un chili corn carné très épicé avec un verre de rouge.

 

Le 29 mai, à 6h30, un taxi vient nous chercher à l’hôtel, nous amène jusqu’au bus, qui conduira jusqu’à la station de train. Le train, malheureusement réservé aux touristes (backpapers), nous amène le long de la vallée de l’Urubamba, absolument magnifique,jusqu’à AguaCaliente, d’où partent des cars pour le Machu Pichu. On a eu le droit à une visite en anglais puis 1h de temps libre.. puis le même voyage dans l’autre sens.. un peu long à vrai dire.. je commence déjà à en avoir marre des cars.

 

Le soir, on retourne au même resto que dimanche soir, on aura bientôt le droit à notre carte de fidélité. Etant donné que l’on n’a pas fait le tour de la carte et que c’est très bon on ne préfère pas prendre de risques.

 

Le 30 mai, dernier jour à Cuzco. Il y a quatre sites archéologiques sur les hauteurs de cuzco : Sacsahuaman, Quencho, Tombo Machay et Pukapukara. On a pris un taxi que l’on va garder pendant près de deux heures pour aller d’un site à l’autre.. le tout pour moins de 40 soles..

 

L’après midi on part visiter un musée que l’on ne trouvera pas ainsi qu’un expo de peinture de l’école de cuzco (pas géniale) au couvent de Santa Catalina.

On a fini la journée en se posant sur un banc de la plaza de armas où l’on a pu regarder le spectable d’un flic et son « indic » ainsi que d’une petite fille en uniforme d’école qui faisait la manche et qui se faisait avoir par une autre petite fille..

 

En rentrant à l’hôtel on a vu des jeunes en train de répéter une danse traditionnelle.

 

Le 31 mai départ à 6h pour l’aéroport.. L’avion était censé partir à 7h55 mais il a fait un tour de piste pour rien pour cause de défaillance de l’air conditionné. Mais là encore ça vaut la peine d’attendre : la vue sur les montagnes est à couper le souffle.

 

On attérit à Lima vers 10h.. petit tour en taxi jusque chez le frère de Roberto, on sonne, Victor ouvre..

 

C’est le bon moment pour présenter toute l’équipe :

 

Alex

Marina

Emilie

Nadège

Hélène

Constance

Géraldine

Victor

Et Roberto

 

On part tous en taxi pour la Plaza de Armas. On est allé mangé dans un petit resto et on a fait tourner les plats pour goûter de tout..

 

Petit balade dans Lima avec, en vrac, 1 foire, une fanfare (remise de diplôme d’une école privée, des clowns, le quartier chinois ..

 

On rejoint Roberto, Hélène et Constance dans un bar.. et première grande conversation sur, entre autre, le matérialisme avec Marina et Roberto..

 

Puis le frère de Roberto, Raphael, et son cousin, Hermann, nous ont rejoint et emmené dans un pizza. J’ai pu poser pas mal de questions à Hermann sur son pays :

 

-         Politique : il semble que ce soit le congrès qui ait tous les pouvoirs, les ministres sont plus des directeurs..à vérifier..

-         Un vendeur ambulant gagne 300 soles par mois

-         Un policier gagne 600 soles.. je n’ai pas pu connaître le salaire d’Hermann (ingénieur).

 

 

Vendredi 1er Juin : on part acheter des tickets de bus pour Arequipa avec Roberto : ça dure 45 minutes mais Roberto récupère le numéro de la vendeuse.. Gabriela..

 

On se rend à La Ciudad de Los Ninos : je m’attendais à un orphelinat glauque mais c’est tout sauf ça. Il est tenu par les frères capuccino, est organisé par familles qui regroupent une trentaine d’enfants. Les plus grands, jusqu’à 20 ans, ont des «  Hermano » pour responsables alors que les petits à partir de 2 ans ont des « Hermana »

Le frère Juan Miguel, nous a, plus tard, fait visiter son domaine, et nous a expliqué que beaucoup d’enfants étaient amenés ici car la mère était prostituée ou le père en prison. Parfois c’était la police qui les amenait, parfois la famille. Il a aussi que ces enfants : »c’était toute sa vie ».. Il nous fait visiter la boulangerie, la maternité (pour les truies), le théâtre, ..

 

L’après midi on assiste à une pièce de théâtre jouée par les plus grands : il s’agit en fait d’une thérapie car ils jouent l’histoire d’une famille dont le père, alcoolique, bat sa femme et ses enfants.

 

Certains ont le droit à un entrainement de foot..le but est, je crois de monter une équipe.

 

On visite le poste de soin, on s’organise pour le lendemain.

 

On se rend à la messe : on pense qu’on va se faire, qu’on ne comprendra même pas le sermon en espagnol mais il s’agit en fait d’une grande fête où un frère mène à la guitare des chansons pendant lesquelles tout le monde bouge..c’est génial.

 

Chaque repas est précédé d’un bénédicité et sont très complet, avec de la viande presque tous les jours.

 

On a l’autorisation de prendre toutes les photos que l’on veut mais attention aux cigarettes et aux  rapports filles/garçons.

 

Samedi 2 juin :

 

On commence les entretiens avec les enfants : pendant que Roberto fait un état des lieux des dentitions on remplit une fiche de renseignement avec :

 

Leur date de naissance

Depuis combien de temps ils sont là.

Les parents vivent-ils ? Que font-ils ?

A-t-il des frères ?

Qu’aiment-ils dans la vie ? Que veulent-ils faire plus tard ?

 

Pour les petits ce n’est pas facile mais heureusement la Hermana a pu compléter voire modifier.

 

Petit foot suivi d’un volley avec les enfants, l’après midi les enfants reçoivent la visite de leur famille.

 

On part vers 4h au dispensaire de la croix rouge afin de voir un car de consultation qu’ils pourraient peut-être nous prêter.

 

Le soir pizzeria, puis on va au café Hakuna : un orgasme et quelques tequila plus tard c’est la grosse fête.. deux grandes phrases : « Le pérou je sais qu’il est là parce que je suis là » et « on peut rigoler mais faut être sérieux »

 

Le dimanche 3 juin, lever à 11h et à 14h on arrive enfin chez Carlos. Il travaille dans le bâtiment mais fait du social pendant son temps libre, c’est comme ça qu’il connaît Roberto. Il a une superbe maison qu’il a rénové et qui donne sur le pacifique (masqué par un grand arbre..) , une « dam » , Elsa m’a appris a dansé. On est allé vers un tour près de l’océan. Après midi très sympa.

 

Le soir, retour à la ciudad de los ninos.

 

Le lundi, le mardi et le mercredi matin, on continue les « interviews ». En vrac, j’ai pu assister à la fabrication du pain, à l’accouchement d’une truite par les enfants (avec même une séance de bouche à bouche), la charpenterie, l’atelier de coiffure, l’atelier de

 

On part le mercredi prendre le bus à 17h, direction Arequipa, deuxième ville du pays avec 2 millions d’habitants.

 

Le jeudi 7 juin, à 7h on arrive. Roberto nous amène chez ses parents où les filles vont dormir (nous ce sera chez la cousine). Petite sieste sur l’herbe..je commence à reprendre goût aux petits plaisirs de la vie.

 

Petit tour au centre ville d’arequipa avec ma plaza de armas préférée.

 

Puis on va au « Centro de Salud Mariscal Castilla » afind e rencontrer l’équipe avec qui on va travailler.

 

Visite du musée archéologique qui parle de « Juanita, la fille des glaces » qui est une momie inca découverte en 1990 sur un des volcans qui entourent Arequipa, suite à la fonte des glaces due à une éruption.

 

Puis on assiste à un défilé religieux depuis la terrasse d’un café. Je lirais plus tard dans le journal que se tenait en même temps, à quelques pâtés de maison de là, une manifestation d’étudiants en médecine contre le SIDA..

 

Le soir, après avoir mangé dans un restaurant miteux ; Marina, Hélène, Roberto et moi allons dans un bar ou jouait un groupe de rock (grande conversation, je commence à vraiment bien l’aimer ce Roberto) puis dans un bar dansant.. ouhlala demain je risque d’avoir mal aux cheveux.. D’ailleurs je dors chez les parents de Roberto car il a trop peur que sa cousine soit fachée que je rentre aussi tard.

 

Aujourd’hui, vendredi 8 juin, Alexis a 21 ans et ce sera un des jours les plus marquant de ma vie.

 

Le matin, on va dans une école, dans la campagne arequipenienne.où Roberto et Milton, le médecin du centre de santé, vont consulter. Moi j’ai surtout regarder..

 

Et là, Milton nous emmenne dans un lieu où il voudrait organiser une consultation : en fait il s’agit d’une décharge où des familles, avec enfants, habitent, au milieu des déchets. On a interwievé un homme qui disait habiter là depuis un an, avec ses enfants, il est là pour recycler. On apprendra plus tard qu’il gagne entre 100 et 200 soles par mois.

 

Je crois que je me souviendrais toute ma vie du moment où je suis aller voir l’infirmière à qu j’ai demander s’ils vivaient ici : elle m’a répondu « si, viven aqui ».. ça résonne encore dans ma tête.

 

J’ai ensuite passé l’après midi avec Marina, pour acheter des tickets de bus pour Puno puis les cadeaux d’alexis.

 

Le soir on a organisé des petits jeux pour distribuer les cadeaux d’alexis puis on est aller dans un bar puis un karaoké.

 

Le samedi 9 juin, on se rend près de la décharge, pour faire une consultation.

 

J’ai suivi la psychologue qui a interrogé trois petites filles, dont une qui, a 4 ans, ne connaissait ni ses couleurs, ni ses saisons, ni sa gauche et sa droite.. Puis elle est allé voir la mère de 27 ans, pour lui expliqué que l’éducation parentale était aussi importante que celle de l’école.

 

Un autre garçon, de 13 ans, lui, semblait très intelligent

 

On leur avait amené un peu à manger.

 

 19h on part pour Puno et on arrive à 4h du matin le dimanche 10 juin, on a dormi dans des dortoirs de 4 et 5 personnes.

 

C’est parti pour 5 h de bateau, qui malgré une tentative d’arnaque, nous a permis de passer un moment de détente avec un petit passage sur les îles Uros, qui sont des îles artificielles montées sur roseaux.

 

On est rentré le lundi 11 juin vers 14h..

La semaine n’a pas été très chargée. Roberto ne nous a pas trouvé de mission.

On est allée dans un orphelinat d’Arequipa, San Jose.

 

Le vendredi 15 juin, Roberto nous emmène voir un mécène, qui, à priori, va pouvoir fournir des voitures pour l’asso.

 

Le samedi 16 juin, deuxième jour qui restera gravé à vie dans ma mémoire. Nous nous sommes rendu à la décharge (merci Marina.. tu es géniale..) pour aller chercher Roswell et l’emmener dans un orphelinat tenu par un père Français.

 

C’est ce jour qu’a germé un projet : monter

 

A 15h départ pour l’Aéroport (le taxi est tombé en panne) pour se rendre à Lima.

 

A Lima nous sommes sortis de l’aéroport pour aller manger un dernier ceviche avant de partir.. un taxi a essayé de nous arnaquer.. on a dormi a l’aéroport..

 

Nous sommes donc arrivés à Paris le lundi 18 juin. Malheureusement à 16h, Marie m’a appris que j’avais deux modules au rattrapage..

 

Il est temps de parler de toutes mes impressions du Pérou :

 

-Je ne sais pas si Dieu existe, en tout cas la majorité des Péruvien le croie et pourtant il y a quelque chose qui ne va pas : le Pérou possède certainement un des plus beau pays du monde, avec en plus une histoire que les Etats-Unis, proches, doivent leur envier. Mais à côté de ça c’est le dénuement le plus total..

 

- Tous les petits boulots sont bons à prendre : agents de change, vendeurs ambulant